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13 raisons de regarder 13 reasons why

C’était partout sur les réseaux sociaux. Sur le fil d’actualité Facebook, différentes bandes d’annonce faisaient découvrir la nouvelle série Netflix. Au même titre que Stranger Things, La Casa de Papel, Narcos ou Orange is the new black, la plateforme de séries télé et de films a visé juste en adaptant le roman de Jay Asher…

Faut-il encore parler du synopsis ? En rentrant un jour du lycée, Clay Jensen (Dylan Minnette) découvre sur le porche de sa maison une mystérieuse boite contenant des cassettes audios. Lorsqu’il lance la première, il entend la voix d’Hannah Baker (Katherine Langford). Cette dernière a mis fin à ses jours deux semaines plus tôt après avoir laissé derrière elle un journal audio. Elle y explique les raisons de son geste en 13 raisons, qui feront passer Clay par la colère, la tristesse, la révolte, l’incompréhension, la culpabilité, la vengeance… 13 personnes, liées à sa décision, qui défilent les unes après les autres. Hannah était la fille que Clay aimait. Il ne reçoit pourtant pas les cassettes par hasard…

1. Le message. 13 reasons why est une série dramatique qui a pour but de dénoncer les conséquences désastreuses d’une mauvaise communication entre amis mais aussi entre parents et enfants, entre professeurs et élèves. Dans la première saison, cette mauvaise communication est représentée par le personnage d’Hannah. Elle plonge dans un gouffre qui se creuse d’abord par de mauvaises blagues. Au fil du temps, il s’agrandit par des amitiés compliquées et des disputes qui la font souffrir, avant de l’enterrer petit à petit lorsqu’elle tente de faire part de ce qu’elle ressent. Tout le monde l’entend sans l’écouter. Finalement, ce gouffre l’aspire lorsqu’elle vit une expérience terrible qu’elle ne surmontera pas. La série dénonce au fil de sa trame narrative la violence de l’individualisme et rappelle crûment que l’on est seul avec soi-même. Les épisodes posent aux spectateurs une question sans réponse : est-ce la force de caractère qui détermine la vie que l’on se trace ?

2. L’avertissement. Les thèmes de 13 reasons why sont donc difficiles, et se retrouver face à leur représentation peut s’avérer compliqué pour les spectateurs plus sensibles. Ainsi, dans le premier épisode, une vidéo introductive se lance et les spectateurs retrouvent les acteurs. Ils incitent les jeunes qui regardent la série – ou qui, malheureusement, vivent des expériences similaires – à faire part de leur mal être, à ne pas regarder seul ce qui est dépeint si leurs émotions risquent de prendre le pas sur leur réflexivité. Au début de chaque épisode comportant des scènes violentes, un message d’avertissement met aussi en garde les spectateurs. Impossible donc de ne pas savoir à quoi s’en tenir… Mais est-ce suffisant ?

3. L’adolescence. Le drame qui constitue 13 reasons why est donc de montrer sans détour qu’à l’âge où l’on doit le plus être entouré et soutenu, on se retrouve souvent seul. Avec ses questions et ses problèmes. Non pas parce que l’on souhaite être secret ou mystérieux, mais parce que l’on se sent incompris. C’est le moment où l’on a le sentiment de « parler pour faire du vent ». Alors comme certaines autres œuvres de jeunesse, tel le roman La Guerre des Chocolats de Robert Cormier, un appel à l’éveil, à la prise de conscience est formulé. L’auteur le disait déjà en 1984 : « Agissez avant qu’il ne soit trop tard » ; « Je pensais faire le portrait de ce qui arrive quand les bonnes personnes ne viennent pas au secours».

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4. Le cast. 13 reasons why ne fait pas que révéler sans filtre un pan occulté de notre société. La série est mise en scène par de jeunes acteurs bourrés de talent et de professionnalisme. A travers son interprétation d’Hannah Baker, Katherine Langford nous pousse à nous interroger sur la solitude et le manque de compassion. Dans le rôle de Bryce Walker, Justin Prentice retourne l’estomac et donne la rage. En tant que Clay Jensen, l’amoureux d’Hannah, Dylan Minnette nous apprend à avoir confiance en nous et à ne pas calquer notre vie sur des « et si… ». En incarnant Jessica Davis, Alisha Boe fait rouler les larmes et ressentir le dégoût. Avec Tyler Down, Devin Druid montre ce que veut réellement dire « être poussé à bout »… Tous les personnages, sans exception, ont quelque chose à apprendre.

5. L’identification. Et si tous les personnages donnent une leçon de vie à retenir, c’est grâce à leur profondeur. S’ils partagent un mal-être quotidien qui les relient, ils ont chacun une particularité faisant que quiconque peut se retrouver dans la série ; que ce soit l’adolescent qui est entrain de vivre une situation similaire ou l’adulte, qui se souviendra de ce qu’il a vécu et de combien c’est un âge compliqué… Les difficultés par lesquelles on passe – et que l’on trouve souvent ridicules une fois que l’on est plus âgé – valent parfois la peine d’être rappelées. Surtout si le point de vue adopté est celui que l’on ne saurait plus avoir une fois devenu adulte : celui de l’être en construction qui se cherche encore.

6. Le décalage. Si autant les adolescents que les adultes sont concernés par la série, c’est aussi parce qu’elle met en lumière un problème de génération. Les adolescents d’hier n’ont pas vécu les situations que les adolescents de l’ère technologique vivent. Le harcèlement et les méchancetés ne se limitent plus seulement aux heures d’école…

7. La vie de tous les jours. Un mal être quotidien au travers de personnages « du commun ». Cela change de toutes ces séries qui mettent en scène des vampires, des zombies et des sorcières, ou qui se placent dans un cadre diégétique historique. Cela change de toutes ces séries où le suspense est constant et où on déconnecte complètement de la réalité. Cela change, enfin, de toutes ces séries qui abordent le quotidien aussi mais sous un angle humoristique. Pourquoi ne pas s’intéresser à une série qui, bien qu’évidemment auréolée de fiction, tente de parler de ce qui dérange ? D’une certaine manière, elle met un point final au silence que l’on abat sur les sujets que l’on ne veut pas aborder.

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8. L’occasion de se former son opinion. Les polémiques ont d’ailleurs été nombreuses sur le synopsis et la mise en scène. Il est vrai que la représentation des faits de 13 reasons why peut être choquante et que malaises comme émotions fortes se multiplient. Certains souhaitaient que la série prenne fin, de peur qu’elle ne plonge les personnes instables dans un mal être plus important. Ou qu’elle donne une bonne raison aux suicidaires de passer à l’acte dans la mesure ou Hannah est l’héroïne… A vous de voir à qui il faut donner raison.

9. La musique. Le score produit par l’artiste Eskmo installe une ambiance particulière. Lorsqu’on réécoute ses chansons, que l’on entend le « clap » au début de la plage musicale comme si l’on mettait nous-mêmes une cassette audio dans un lecteur, on replonge dans cette atmosphère. C’est comme un aide-mémoire pour garder à l’esprit le message fort des producteurs. Les bandes originales des deux premières saisons sont également à réécouter et certaines chansons sont attachées à des scènes. Par exemple, A thousand times d’Hamilton Leithauser.

10. L’envie d’en savoir plus. En découvrant l’histoire d’Hannah au fil des épisodes, certains se diront qu’il est fou qu’une jeune fille de 17 ans se soit suicidée pour les raisons qu’elle raconte. Certains penseront que c’est le genre d’histoires par lesquelles on est tous passés en étant au lycée : les moqueries, les paris blessants, les photos dérangeantes que l’on veut voir supprimées mais qui restent, les disputes entre amis… Et puis viennent les autres cassettes et les événements amplifient, s’intensifient. Certains diront qu’Hannah était trop faible, d’autres diront qu’elle était trop sensible. Mais comment juger un ressenti ?

11. La banalisation. 13 reasons why met donc aussi l’accent sur le fait qu’il faut cesser de minimiser ou de normaliser ce que les adolescents ressentent. Ils le vivent, malgré eux, et ne savent pas toujours gérer ce qu’ils ressentent. Comme les adultes.

12. 13 reasons why : Beyond the reasons. La douzième raison est en réalité le titre d’un documentaire réunissant les acteurs et les producteurs. On y trouve des anecdotes de tournages et des expériences personnelles racontées par le casting mais aussi la raison pour laquelle les producteurs ont réalisé la série. Plutôt orienté vers la prévention, le documentaire apporte également l’opinion de spécialistes, venus donner des conseils. Petit plus : c’est disponible sur YouTube.

13. La deuxième saison. Arrivés à la fin de la première saison, la boucle semble bouclée. La deuxième saison apparaît donc comme déplacée, sans grand intérêt. Le personnage de Tyler apportera pourtant un deuxième message, tout aussi important que le premier…

Faut-il encore une raison ? Après tout, Clay en rajoute une dernière à la fin de la saison 1… La quatorzième raison serait que 13 reasons why est une série plus qu’intéressante, vous l’aurez compris. Les messages qu’elle veut faire passer, l’appel à la conscience qu’elle tente de provoquer et le travail qui a été fait par les producteurs pour qu’elle apparaisse comme réelle sont autant de raisons… d’allumer Netflix !

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