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Billet D’Humeur #4 : God Save The Crown

J’ai toujours eu un plaisir particulier à regarder les séries britanniques. D’ailleurs, toutes celles que j’ai visionnées, que ce soit Misfits, Broadchurch, Love/Hate ou encore Doctor Who, s’inscrivent dans ma liste de séries préférées tout en dominant le top 5. C’était donc avec confiance que j’ai commencé la série originale Netflix intitulée The Crown. Ce biopic, créé par Peter Morgan, relate la vie d’Elizabeth II peu avant qu’elle ne remplace son père, le roi Georges VI. La formule de cette production semble complètement banale puisqu’il n’y a pas grand-chose d’original à raconter sur le quotidien de ce monarque. Or, le coup de génie de Morgan réside justement dans la manière avec laquelle il raconte cette histoire : elle est tellement bien produite et ficelée qu’elle en devient hypnotique.

Le décor si majestueux donne un aspect de grandeur à la série. De Buckingham Palace au château de Windsor, en passant par les landes écossaises, ces lieux nettoient avec tendresse la rétine du spectateur. Un léger filtre gris vient ensuite colorer ces belles images montrant ainsi cette monarchie paradoxale qui balance entre ancienneté et renouveau. Vient par après la réalisation des cinq différents cinéastes qui livrent tous une mise en scène propre et soignée, allant même jusqu’à mettre en valeur les accessoires des acteurs. Quant aux comédiens, la majorité ont une ressemblance choquante avec les personnages qu’ils interprètent et, surtout, chacun y met du sien et donne réellement l’impression de ne pas jouer un rôle mais de l’incarner. Cela se voit particulièrement chez Claire Foy (Elizabeth II) et Matt Smith (Philippe, duc d’Edimbourg). Ce dernier doit sûrement être de la famille du prince Philippe : de son regard à sa démarche, en prenant même en compte les pantalons larges que les costumiers lui ont attribué, la prestation de l’ancien Doctor Who lui a valu la reconnaisse du prince William en personne qui le qualifie de « Légende ! ». Claire Foy, de son côté, surclasse ses camardes. Des tests d’ADN devraient être envisagés, ce n’est pas possible autrement. Elle incarne ici une jeune souveraine qui se rend progressivement compte qu’elle ne peut pas décider d’elle-même car il y a toute une horde de serviteurs à ses chevilles. Elle aimerait que ce soit autrement, et son mari lui met suffisamment la pression pour qu’elle le comprenne, mais étant également une personne de traditions, elle ne peut que les respecter.

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Malgré tout un tas de similitudes avec la réalité, The Crown reste néanmoins une fiction appelée biopic ou film/série s’inspirant d’événements réels. Ce genre de production est trop souvent confondu avec des documentaires, alors que beaucoup prennent justement des libertés afin que l’histoire adaptée convienne à la façon dont le scénario a été écrit. Cela se remarque notamment dans Boardwalk Empire où les scénaristes ont remplacé le nom de Enoch L. Johnson par Enoch Thompson afin qu’ils puissent imaginer à leur sauce la vie de ce trésorier d’Atlantic City devenu gangster. Même constat pour Narcos qui va même jusqu’à prévenir le public, à chaque début d’épisode, que les évènements dépeints ne coïncident pas complètement avec la réalité. Ne pas avertir le spectateur peut d’ailleurs susciter des réactions agressives chez certains fans ou même chez les personnes concernées, comme ce fut le cas pour N.W.A : Straight Outta Compton où le rappeur MC Ren – dont le rôle, interprété par Aldis Hodge, avait été réduit à quelques petites apparitions dans le film – avait tenu à rappeler « aux vrais fans de N.W.A » l’importance de sa position au sein du groupe, surtout pendant la production du deuxième album.

Toutefois, dans un film comme The Stanford Prison Experiment, le réalisateur Kyle Patrick Alvarez a tenu à représenter la vérité telle quelle, sans trop se soucier de la dramatisation de son œuvre. Cela donne un résultat assez larmoyant, d’autant plus que The Experiment, sorti 5 ans plus tôt et adaptant la même histoire, s’était permis quelques libertés en renforçant l’aspect psychologique des personnages et de l’expérience dans laquelle ils sont plongés, le tout dans un cadre particulièrement violent. Ces changements rendent donc l’œuvre plus agréable à regarder et permettent plus facilement d’imaginer la dangerosité d’une telle expérience. Dans un tout autre registre, on tombe sur des productions qui adaptent une histoire policière beaucoup trop complexe due à des enquêtes incomplètes où vérité et mensonge s’entremêlent. C’est ainsi que le metteur en scène de Hollywoodland, biopic sur George Reeves, deuxième incarnation de Superman à l’écran, décida de jouer avec les différents témoignages sur la mort de l’acteur, tous plus contradictoires les uns des autres, pour offrir au spectateur trois récits sur ce qu’aurait pu être l’assassinat, l’accident mortel ou le suicide de cette légende du cinéma américain.

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Avec tous ces différents styles, le biopic apparait comme le genre qui se porte le mieux au cinéma car ces films ou séries sont souvent très prisés et primés. De plus, ils ont tendance à jouer un certain rôle pédagogique dans la mesure où ils sont pris pour de la documentation officielle. Les films de guerre, qui s’inspirent aussi d’événements réels, peuvent également rentrer dans le rang. Mais tous devraient garder leur statut de fiction et continuer à offrir des histoires qui, parfois, jouent avec la réalité.

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