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The Haunting of Hill House : Faut-il ouvrir la porte rouge ?

Mike Flanagan s’approprie le roman de Shirley Jackson pour nous raconter l’histoire dramatique d’une fratrie traumatisée par la mort de leur mère. Entre présent et passé, nous découvrons qu’en réalité, ce sont eux les propres fantômes de leur vie. Comment vaincre les terreurs qui nous hantent ? En ayant le courage d’ouvrir la porte rouge…

L’objectif était pourtant clair : passer l’été dans les rénovations pour construire ensuite sa propre maison de rêve. Tel était le plan de la famille Crain lorsqu’elle emménage dans Hill House. Un détail crucial a cependant été oublié : toutes les maisons sont hantées par la vie qu’elles absorbent entre leurs murs. Prendre la fuite pour laisser le passé derrière soi apparaît alors comme une bonne solution. Mais lorsqu’ils sont irrésolus, les souvenirs ont la peau dure et s’accrochent parfois terriblement à ceux que nous devenons. Un seul choix s’offre alors à nous : revenir sur nos pas.

The Haunting of Hill House, un drame psychologique et horrifique

Depuis qu’ils ont précipitamment quitté le manoir où ils vivaient étant enfants, le soir où leur mère est morte, chaque membre de la famille Crain est poursuivi par une terreur. S’ils tentent de vivre avec elle au quotidien, elle est oppressante et ne cesse de leur rappeler que les questions qu’ils se posent sont sans réponse. Hugh Crain (Timothy Hutton) est, en effet, un père hermétique quant au drame du manoir. Si ses enfants cherchent sans relâche à savoir ce qui est arrivé à leur mère, Olivia (Carla Gugino), il fera longtemps le choix de leur cacher la vérité pour porter seul sur ses épaules les terribles faits dont il a été témoin. Mais sa conviction à les protéger de la vérité les empêchera, en réalité, d’évoluer.

Ce terrible secret permet à la série d’osciller entre surnaturel et réalité : le traumatisme qui ronge les enfants Crain s’incarnera en différents esprits qui poursuivent chacun des protagonistes. Difficile toutefois de déterminer si ces esprits ne sont pas, en réalité, des projections de leur traumatisme… La question de la folie et de la maladie mentale est effectivement soulevée par la trame narrative. Comment faire face à des difficultés telles que le deuil et la violence maternelle ?

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Chaque membre apportera sa réponse. Steven (Michiel Huisman), l’aîné, fera de son vécu personnel un roman et refusera catégoriquement de croire aux faits inexpliqués. Shirley (Elizabeth Reaser) rendra ce qu’on a fait pour elle le jour où sa mère est morte : elle embaumera les défunts. Theo (Kate Siegel) sauvera les enfants du malheur car personne ne l’a sauvée du sien. Les cadets, Nell (Victoria Pedretti) et Luke (Oliver Jackson-Cohen), seront le plus fragilisés. Leur connexion gémellaire ne sera pas suffisante pour empêche Luke de sombrer dans l’addiction et Nell dans la dépression.

Interprétation du récit

Dans la trame narrative, le symbole du malheur est la porte rouge, celle que personne n’arrive à ouvrir dans le manoir. Si elle apparaît verrouillée, peut-être est-ce parce qu’elle représente cette porte que l’on a tous en nous, qui renferme une pièce dans laquelle on entasse les mauvais souvenirs, les erreurs et les regrets. Faire face à certaines situations peut se révéler extrêmement compliqué. Une fois ouverte, la porte rouge relâche d’ailleurs son lot de conséquences. Mais comme les membres de la famille Crain, nous sommes parfois obligés d’y entrer pour avancer…

Nell apparaît comme la plus touchée par le traumatisme qu’ils ont vécu. Le jour où son mari, Arthur Vance (Jordane Christie), meurt, il signe en même temps son arrêt de mort. Persuadée que c’est le fantôme de son enfance, la dame au cou tordu, qui a mis fin à ses jours, elle prend la décision de retourner à Hill House dans l’espoir de régler ses comptes avec le passé. Mais cette décision ne fera que la détruire. Une dualité s’établira alors entre Nell et sa mère : si aucune des deux n’a pu être sauvée par les autres membres de la famille, l’une incarne le bien tandis que l’autre incarne le mal. Olivia représente, en effet, la mère violente, coupable d’infanticide. Nell, quant à elle, sera la figure de la rédemption. Elle délivrera ses frères et sœurs du mal qui les habite depuis toujours, leur tendant la main pour les accompagner dans l’horreur de leur passé. Le récit met donc aussi en avant l’importance de la solidarité familiale : c’est ensemble qu’ils vaincront leurs démons.

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Gare aux sursauts

Les bandes d’annonce préviennent de la sinistre ambiance de Hill House. Effets spéciaux bluffant sur le plan du maquillage et des modifications corporelles, visions trompeuses et screamers, utilisation des mouvements caméras dans le but de terrifier… Tout est là pour plonger le spectateur dans un univers terrifiant mais qu’il aura constamment envie d’explorer ; Mike Flanagan s’amuse d’ailleurs au jeu Où est Charlie, version esprits…

Outre ces effets spéciaux, il est aussi important de souligner l’épisode 6. La caméra y fait office de lien entre passé et présent, et donne donc le sentiment au spectateur que tout a été filmé en une fois ; ce que Flanagan a d’ailleurs confirmé lors d’une interview : « Je voulais faire un épisode qui semblait avoir été tourné en une seule prise. » Pour parvenir à ce résultat, seulement cinq longues prises ont donc été réalisées. La plus longue dure 17 minutes. Les acteurs n’avaient pas droit à l’erreur car il fallait alors tout recommencer du début. Cela témoigne de leur professionnalisme. Cette manière de tourner immerge complètement le spectateur dans l’histoire, favorise la tension émotionnelle et gonfle les éléments horrifiques. Si vous trembliez déjà après l’épisode 5, préparez-vous à la suite…

The Haunting of Hill House fait partie de ces séries qui poussent au binge watching car ce qui se déroule sous nos yeux donne constamment envie de connaître la suite. Les membres de la famille Crain sont attachants et donnent envie de percer à jour le mystère qui les empêche d’être heureux. Si le récit est effroyablement émotionnel, son côté psychologique prend le dessus et nous en oublions ses visions terrifiantes…

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"On se serait shooté à la vitamine C si cela avait été illégal... (Trainspotting, 1996). "
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