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Cinéma

Billet D’Humeur #1 : Standing ovation pour le Paradis

Faut-il qu’il y ait des morts pour permettre aux spectateurs d’applaudir un film lorsqu’il se termine ? Vous n’avez encore jamais pensé à cela ? J’étais allé voir La Planète des Singes : Suprématie le 12 juillet dernier, et je ressentais une folle envie de taper dans mes mains à la fin du film car après tout j’avais passé un bon moment, et j’ai pu constater tout au long de la séance que d’autres personnes également. Mais rien ne se produisit… Ceux qui pensaient qu’il y aurait une scène post-générique sont restés, tandis que ceux qui savaient qu’il n’y en aurait pas se trouvaient déjà devant la porte de sortie. J’ai donc quitté la salle avec eux, en silence, les mains dans les poches…

En y réfléchissant, depuis que je vais au cinéma, je n’ai pu participer qu’à deux standing ovations. Une fois pour This is it (2009) et une autre pour Fast & Furious 7 (2015), soit deux œuvres posthumes. Je repose donc ma question : faut-il qu’il y ait des morts pour permettre aux spectateurs d’applaudir un film lorsqu’il se termine ? Ou ces spectateurs acclament-ils pour rendre seulement hommage ? Ou par respect ? Dans ce cas, pourquoi ne pas le faire après chaque séance ? Ne respectent-ils pas le travail de tous les réalisateurs ? J’ai toujours trouvé cela marrant : les bons films (cela reste subjectif bien sûr) ou ceux sur lesquels il y a pas grand-chose à dire ne suscitent pas beaucoup l’attention, voire jamais. La relation que nous avons aujourd’hui avec le 7ème Art a changé. On cherche la petite bête un peu partout, le petit défaut sur lequel on va taper, mais on ne sait plus apprécier une production telle qu’elle nous l’est présentée, et on ne veut plus la comprendre. Regarder un film est devenu quelque chose de banal aujourd’hui, surtout avec l’apparition du téléchargement et du streaming. On peut littéralement se faire une toile à n’importe quel moment, sur n’importe quel support (même sur les téléphones portables, oui oui). Cet aspect sacré du Cinéma qui faisait de lui une sorte de rituel n’existe plus.

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Une trilogie aussi bien menée que La Planète de Singes mérite qu’on s’asseye deux bonnes heures pour en discuter tellement il y a énormément à dire. Réfléchissez, en trois films, les deux différents réalisateurs, Rupert Wyatt (pour le premier) et Matt Reeves (pour les deux autres) ont habilement apporté une touche de fraîcheur dans l’univers impitoyable des longs-métrages à gros budget. Ils ont réussi à ce que le spectateur suive les aventures d’un singe qui parle, et à ce qu’il se soucie de son sort, tout ça parce que cet animal a vécu des événements dans sa vie bien connus par le public. Ou presque. Tout simplement brillant ! Et pourtant, c’est sur les mêmes blockbusters qu’on va écrire et débattre, dès que la moindre petite information se révèle. Faites le test, rendez-vous sur un site d’actualité cinématographique, et comptez le nombre d’articles écrits sur le genre super-héroïque. Voyez à quel point la plupart ne servent à rien… Ensuite, cherchez les articles sur des blockbusters moins commerciaux (étrange terme, mais il convient), et contemplez le néant. C’est triste, n’est-ce pas ?

Enfin, je ne dis pas que l’on doit ovationner absolument tous les films, ni que tout le monde doit s’y prêter, mais si une salle paraît assez unie et consciente pour applaudir This is it et Fast & Furious 7, pourquoi pas La Planète des Singes ? Ou Arrival ? Ou Get Out ? Ou un quelconque autre long-métrage? On devrait se faire passer le mot, ne croyez-vous pas ? Même si au fond, je sais qu’on ne le fera pas… Je me rends compte que j’ai posé beaucoup de questions dans ce billet, et je vous laisse y répondre. Là, je vais aller voir ce qu’il y a à regarder sur Netflix…

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